TGV Québec-Toronto : la mairesse de Mirabel rencontre le ministre fédéral des transports
27 mars 2026
La mairesse de Mirabel, Roxanne Therrien, s'est rendue à Ottawa le 26 mars 2026 pour rencontrer le ministre fédéral des Transports du Canada, l'honorable Steven MacKinnon. Elle lui a remis officiellement le mémoire de la Ville de Mirabel portant sur le projet de train à grande vitesse (TGV) reliant Québec à Toronto, actuellement à l'étude par le groupe ALTO.
La Ville n'a pas demandé la venue du TGV sur son territoire : ce projet lui est imposé. Dans ce contexte, défendre les intérêts des citoyens de Mirabel devient une priorité. C'est dans cet esprit que la mairesse Therrien a entrepris une démarche rigoureuse, appuyée par une vision à long terme : celle d'une ville et d'une région dont la croissance démographique et économique, projetée sur les 100 prochaines années, commande des choix d'infrastructures responsables et durables.
Cette démarche s'appuie sur une coalition régionale sans précédent : la mairesse Therrien a rallié plus d'une quarantaine d'élus municipaux, de dirigeants d'entreprises, de chambres de commerce et d'institutions d'enseignement des régions des Laurentides et de Lanaudière, qui ont signé une Déclaration commune demandant au gouvernement du Canada d'étudier un corridor passant par le site aéroportuaire de Mirabel et utilisant le maximum des terres appartenant déjà aux gouvernements.
« J'ai l'appui de mes pairs dans cette coalition régionale. Ensemble, nous représentons près de 80 % de la population des Laurentides. Le TGV nous est imposé — nous choisissons d'en faire une opportunité pour nos citoyens, tout en minimisant les impacts sur notre territoire », a soutenu Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel.
Des préoccupations majeures quant au corridor proposé
Bien qu'il ne soit pas encore défini et qu'il s'étale sur environ 10 km de largeur, le corridor actuellement envisagé traverse des terres agricoles et des secteurs habités de Mirabel. La Ville s'y oppose en raison des impacts importants qu'il pourrait engendrer : nuisances sonores et vibrations, enjeux d'accessibilité, fragmentation du territoire, impacts urbains et paysagers, risques sanitaires, allongement des temps de réponse des services d'urgence et risques pour la sécurité des infrastructures. Chacun de ces arguments est détaillé dans le mémoire de la Ville.
Au-delà de ces considérations, ce corridor ravive un passé encore sensible : celui des expropriations massives de 1969, menées par le gouvernement fédéral, qui ont contraint 1 700 familles mirabelloises à quitter leurs terres pour un aéroport qui n'a jamais connu l'essor promis — notamment faute de liaison ferroviaire rapide. La Ville de Mirabel croit que l'État a aujourd'hui l'occasion de faire autrement, et de faire mieux.
Déplacer le corridor vers le nord : étudier un tracé sur les terres fédérales
Ce que la Ville demande en priorité au ministre, c'est d'étudier la possibilité d'un corridor légèrement déplacé vers le nord, de manière que le tracé emprunte les terres fédérales du site aéroportuaire de YMX Aérocité Internationale. La Ville est convaincue que cette option minimisera les impacts sur les citoyens et les agriculteurs mirabellois.
Les experts de la Ville ont analysé diverses possibilités de tracés. Sur les quelque 29 km que compte le territoire mirabellois, il est tout à fait possible d'utiliser entre 8 et 10 km de propriétés gouvernementales — provinciales, fédérales et municipales. Ce faisant, on éviterait de nouvelles expropriations traumatisantes et on constituerait un geste réparateur envers les familles mirabelloises expropriées en 1969.
Cette approche s'inscrit dans une vision sur 100 ans : les projections démographiques indiquent que Mirabel et les Laurentides connaîtront une croissance soutenue jusqu'en 2051 et au-delà. Les choix de corridors faits aujourd'hui structureront le territoire pour les générations futures. Il est impératif qu'ils tiennent compte de cette réalité.
Une solution responsable : implanter la gare à YMX Aérocité Internationale
Si le corridor est amené sur les terres fédérales du site aéroportuaire, la Ville propose d'y implanter une gare à YMX Aérocité Internationale — une infrastructure qui répond de manière exemplaire aux cinq critères d'Alto pour l'élaboration du tracé TGV : technique, environnemental, social, urbanistique et financier.
Le site couvre plus de 2 100 hectares, dont 289 hectares de terres fédérales vacantes, déjà viabilisées et appartenant au gouvernement du Canada. Il dispose de toutes les infrastructures nécessaires : alimentation en énergie, réseaux d'aqueduc et d'égout, accès autoroutier structurant (A-15, A-13, A-50, A-640). La vaste superficie du site offrirait également, le cas échéant, l'espace nécessaire pour aménager un centre de maintenance — infrastructure essentielle— destiné au nettoyage, à l'inspection et aux réparations techniques qui garantissent la sécurité et la fiabilité du circuit.
Une gare à Mirabel créerait un pôle intermodal majeur avec la ligne EXO Saint-Jérôme et le réseau autoroutier, desservant efficacement l'ensemble des Laurentides et de Lanaudière — un bassin de plus de 530 000 habitants
actuellement dépendants de l'automobile pour leurs déplacements vers Montréal.
Un levier économique et stratégique d'envergure nationale
Le site de YMX regroupe déjà plus de 45 entreprises et 10 000 employés spécialisés dans les secteurs de l'aérospatiale, de la logistique, de la défense et de l'innovation — dont des chefs de file mondiaux comme Airbus, Pratt & Whitney, Safran, Bell Flight, Avianor et L3-Harris. Ces entreprises font circuler quotidiennement des talents, des gestionnaires et des experts entre Québec, Montréal et Toronto, sans infrastructure ferroviaire à leur mesure.
Ce projet s'inscrit en cohérence directe avec la Stratégie industrielle de défense du gouvernement fédéral (82 milliards de dollars sur cinq ans), qui place l'intelligence artificielle, les systèmes sans pilote et l'aérospatiale au coeur de la souveraineté technologique canadienne. Les leaders mondiaux qui capteront ces contrats sont déjà à Mirabel.
« Priver ce pôle d'une gare TGV, ce n'est pas simplement rater une occasion régionale, c'est se priver d'un levier stratégique national, au moment même où le Canada en a le plus besoin. Il est temps d'utiliser à son plein potentiel le site aéroportuaire pour lequel des milliers de citoyens ont sacrifié leurs terres », a argué Roxanne Therrien, mairesse de Mirabel.